Les BAILLON

Une dynastie de quatre générations de Maîtres Horlogers


1ère génération


Jean-Baptiste ou Jean Baillon
dit Jean-Baptiste 1er

Horloger à Rouen mort un peu avant 1700. Sa veuve est citée, à Paris, en 1700 Place Dauphine à l'enseigne de "A la Belle Image" et, en 1704, Cloître Saint Nicolas du Louvre.

De cette union, naît Étienne, Jean-Baptiste-Denis et Albert-Vincent. 


2ème génération 


Albert-Vincent Baillon
(Rouen 1675 - Paris 23 mars 1753)

Reçu Maître, le 6 juin 1709

Fils de Jean-Baptiste 1er, Horloger à Rouen.

Marié à Marie-Charlotte de Vaucourt Compagnon chez son frère Jean-Baptiste-Denis (1700).

Il est cité rue des Boucheries-Saint-Germain (1708), rue des Fossés-Saint-Germain-des-Prés (1727), puis rue de la Comédie Française (1748).


Etienne Baillon
(Rouen 1677 - Paris avant 1748)

Fils de Jean-Baptiste 1er,  Horloger à Rouen.

Marié à Marie-Thérèse, fille et petite-fille des peintres Jean-Baptiste Blin de Fontenay et Jean-Baptiste Monnoyer, il est le père d'Etienne-Mathieu.

Apprenti d'Isaac, puis de Jacques Thuret aux Galeries du Louvre, où il ne résida qu'en cette qualité, il est reçu Maître à Paris. 

Il est cité rue des Orties (1708) et rue de Richelieu (1714).


Sa veuve poursuivit un temps son activité puis se retira à Saint-Germain-en-Laye.
Il utilisa des caisses de F. Goyer.
Parmi ses clients figurait le prince de Chimay.


Jean-Baptiste II Denis Baillon
(mort à Saint-Germain-en-Laye, le 17 avril 1757)

Fils de Jean-Baptiste 1er,  Horloger à Rouen.

Marié à Geneviève Jacquin et père de Jean-Baptiste III
Reçu Maître à Paris, il est cité dans cette même ville Place Dauphine à l'enseigne de "A la Belle Image" (1700).


3ème génération


Etienne-Mathieu Baillon
(mort à Paris, le 30 novembre 1752)

Fils d’Étienne (Rouen 1677 - Paris avant 1748)

Il est reçu Maître à Paris, le 13 juillet 1748 et est cité, dans cette même ville rue de Richelieu (1748).


Jean-Baptiste III Albert Baillon
 (mort, le 28 avril 1772)

Reçu Maître, le 14 juillet 1727


Fils de Jean-Baptiste II Denis.

Marié à Elisabeth Bazire, puis à Marie-Elisabeth Delaporte (1763), il est le père de Jean-Baptiste IV Albert.

Il est reçu Maître, le 14 juillet 1727, puis nommé successivement Valet de Chambre-Horloger Ordinaire de la Reine, en survivance (1738), et au titre après le décès de Claude Martinot (1744) ; Premier Valet de Chambre de la Reine (avant 1748), puis Premier Valet de Chambre et Valet de Chambre-Horloger Ordinaire de la Dauphine Marie-Antoinette (1770).

Il est cité Place Dauphine (1738), puis rue Dauphine (après 1751).

Jean-Baptiste III Baillon parvint à une très grande aisance, son actif était de 384.000 livres en 1772.
Sa collection d'objets d'art et de tableaux fut vendue le 16 juin 1772. 

Dominant sa lignée, il fut l'un des plus importants horlogers du XVIIIe siècle, non par ses recherches personnelles, mais par l'étendue de son commerce. En 1753, Berthoud décrit ainsi son établissement : "Sa maison est un Magasin de l'Horlogerie la plus belle et la plus riche. Le Diamant sert non seulement à décorer ses Montres, mais même des Pendules. il en a fait dont les Boetes étoïent de petit Cartels d'Or, ornés de fleurs de Diamans imitant la Nature...Sa maison de St-Germain est une espèce de Manufacture. Elle est remplie d'Ouvriers continuellement occupés pour lui...puisque lui seul fait une bonne partie de l'Horlogerie [de Paris]". Cette manufacture privée sise à Saint-Germain-en-Laye, longtemps dirigée par Jean Jodin, fut la seule de son espèce au XVIIIe siècle. Baillon la ferma vers 1765. 

En 1772, son stock fut évalué à 55.970 livres. Il comportait 126 montres finies d'une valeur totale de 31.174 livres, dont la valeur s'échelonnait de 92 à 3.000 livres, 127 mouvements de montres terminés, ou à finir, pour 8.732 livres, 86 pendules, 20 mouvements de pendules, 7 boîtiers de marqueterie, 1 de porcelaine et 8 de bronze dont 7 à l'éléphant pour 14.618 livres. La numérotation des mouvements de montres avait atteint le chiffre 4320et celle des mouvements de pendules celui de 3808. Ce fonds fut dispersé aux enchères les 23 février 1773 et jours suivants.

Il utilisa des caisses des Caffieri, de J.B. Osmond, J.J. de Saint-Germain, B. Lieutaud, Vandernasse et E. Roy. 

Il possédait, en propre, quelques modèles et fit appel à l'émailleur Chaillou, mais il semblerait que c'est avec Martinière qu'il ait collaboré pour ses plus belles réalisations, notamment celles destinées à la famille royale (Inventaire après décès de Jean-Baptiste Baillon, en date du 28 avril 1772 - Arch. nat. MCET/CXVII/857) ou à la couronne d'Espagne. Sa clientèle fut à la mesure de sa réussite et comprit tout ce que la ville et la cour comptaient de personnes distinguées. Les fleurs de lys visibles sur ses cadrans sont, sans nul doute, à rapprocher de ses fonctions...


4ème génération


Jean-Baptiste IV Albert Baillon
(3 septembre 1752 - Paris, 1773)

Reçu Maître, le 7 octobre 1772


Il est le fils de Jean-Baptiste III Albert, avec lequel il travailla et dont il poursuivit très brièvement l'activité. 

Sa veuve est citée rue Thevenot à Paris, en 1778.


Les BARADELLE

Dynastie de Maîtres Fondeurs spécialisés dans la fabrication d'instruments scientifiques et de mathématiques mais, aussi, de pièces d'horlogerie.


Jacques-Nicolas Baradelle
1701 - 1770

Reçu Maître Fondeur, en 1725


Jacques-Nicolas Baradelle est le Filleul du célèbre Astronome, Jean-Dominique Cassini (1625 - 1712).

Il commence son apprentissage chez Jacques Le Maire, qu'il poursuit chez Nicolas Bion, un autre Maître Fondeur, avant de s'installer quai des Morfondus, où il est mentionné dans l'Almanach du Dauphin..

Il est marié avec Claude-Nicole Le Redde, dont il a trois enfants : Nicolas-Alexandre, Louis-Jacques et Nicolas-Eloy.

Il est reçu Maitre Fondeur en 1725, date à laquelle il s'établit quai de l'Horloge du Palais à l'enseigne de l'Observatoire (1725 - 1764) où, ayant obtenu le titre d'Ingénieur du Roi, il se spécialise dans la fabrication d'instruments scientifiques et de mathématiques. Il réalise des instruments de navigation, des cadrans solaires, des anneaux équinoxiaux, dont certains de grande dimension, des sphères astronomiques et géographiques mais, également, des pièces d'horlogerie de très belle facture, ainsi que des écritoires portatives, dites "à la Baradel". Les ventes Fonspertuis en 1748 (lot n° 36) ou Duvaux, font mention d'un "Baradel d'or et un cornet en Baradel doré d'or moulu"


Nicolas-Alexandre Baradelle
dit Baradelle l'Ainé

Reçu Maître Fondeur, le 10 mars 1761

 


Fils ainé du célèbre fabricant d'instruments Jacques-Nicolas Baradelle, Nicolas-Alexandre, tout d'abord apprenti chez son père, devient Maître Fondeur en 1761. Il obtient à son tour, comme son père, le titre d'Ingénieur du Roi. Il réside à Paris, rue Saint-Louis en 1762, puis place Maubert, en 1765. C'est en 1782, date à laquelle il demeure quai de l'Horloge du Palais qu'il établit le catalogue de vente de la collection des instruments de mathématiques rassemblés toute sa vie durant par feu le marquis de Courtanvaux. 

En 1791, il devient Commissaire des Corps et Communautés supprimés et par conséquent, responsable du transfert de leurs biens dans les dépôts généraux de la République.


Louis-Jacques Baradelle
dit Louis-Jacques l'Ainé

Reçu Maître Fondeur, le 19 juin 1778


Fils de Jacques-Nicolas Baradelle, Maître Fondeur et Claude-Nicole Le Redde, il est reçu Maître Fondeur, le 19 juin 1778, comme fils de Maître.

Il obtient, comme son père et son frère, le titre tant convoité d'Ingénieur du Roi pour les instruments  de mathématiques.

Il s'installe successivement Quai de l'Horloge du Palais (1782), rue du Coq Saint-Honoré (1789) et Rue Croix-des-Petits-Champs (1814)


Nicolas-Eloy Baradelle
né à Paris en 1748


Fils de Jacques-Nicolas Baradelle, Maître Fondeur et Claude-Nicole Le Redde, il est reçu Maître Fondeur, le 8 août 1771, comme fils de Maître et domicilié Quai de l'Horloge du Palais (1782 - 1789)
François VION

vers 1737 - après 1790
Reçu Maître Fondeur, le 17 février 1764


Après avoir été apprenti chez Edmé Roy, en 1754, il fut reçu Maître Fondeur, le 17 février 1764.

Qualifié de ciseleur et de doreur, il compta parmi les meilleurs bronziers de son époque.

Sa grande spécialité semble avoir été les boîtes de pendule, plusieurs d'entre-elles représentent des animaux porteurs de cadran, comme des lions, des chevaux ou des taureaux. Il exécute également des figures, dites classiques, telles les trois Grâces, dont un exemplaire doté d'un mouvement de Lepaute, fut livré pour la comtesse du Barry au Château de Fontainebleau (Musée du Louvre), ou une autre dédiée à la Gloire des Princes. Le Musée de Besançon possède une pendule de lui surmontée de Vénus accompagnée de putti, d'après un modèle d'Etienne-Maurice Falconet.
Les YOUF

Probablement trois frères originaires de Normandie, qui exercèrent le métier d'ébéniste sous l'Empire et la Restauration.


Jean-Baptiste-Gilles YOUF
(30 mai 1762 - 1837)

Fils de Gilles Youf et de Jeanne-Marie Guérin, né à Bayeux le 30 mai 1762. Il était déjà établi à Paris lorsqu'il se maria le 9 novembre 1795 avec Anne Couard. A partir de 1799, il est cité dans les Almanachs du Commerce, 941, puis 35, rue du Bac, où ses frères vinrent peut-être le rejoindre, car on peut penser que, grâce à la proximité de l'hôtel de la rue de la Chaise, où habitait la princesse Elisa, sœur de Napoléon, celle-ci les choisit et leur demanda de venir à Lucques, où elle désirait établir une manufacture de meubles.

Il est difficile d'établir la part de chacun, mais il paraît probable que Jean-Baptiste-Gilles resta à Paris dans son petit atelier. Il fut créancier dans la faillite du marbrier C.F. Gillet puis, comme beaucoup de ses confrères, il fut touché par la crise et fit faillite le 19 décembre 1810. Il obtint un contrat d'union, le 7 août 1811. 

L'inventaire fait lors de sa faillite montre, d'après l'expertise de J.-B. Demay, qu'il comportait quatre établis, seulement une petite réserve de bois ordinaires et d'acajou, quelques meubles en acajou, commodes, secrétaires, tables à gradins et toilettes. Youf était absent lors de la pose des scellés ; c’était une amie, Louise-Victoire Janvier, qui devint ensuite sa seconde femme, qui y assista ; toutefois il revint pour l'évaluation de son atelier. 

La chute de l'Empire ne l'empêcha pas de continuer ses activités ; en 1814 - 1815, il obtint une importante commande de Morten-Michael Kallevig, habitant à Arendal en Norvège, de cent vingt chaises gondole en acajou, d'un meuble à hauteur d'appui en acajou, flanqué de cariatides en bronze doré et de candélabres portés par des femmes drapées en bois sculpté, posés sur deux colonnes et deux trumeaux. 

Musées

Norvège, Arendal, Aust-Agder-Museet : huit chaises gondole en acajou. Meuble à hauteur d'appui ouvrant par deux portes, un tiroir sous la ceinture, dessus de marbre. L : 1.25 m ; P 0.95 m. Deux candélabres formés de cariatides en bois sculpté, portant sur leur tête un candélabre à trois branches. Le tout posé sur une colonne cannelée en acajou. H de la colonne : 0.85 m ; H des candélabres : 0.77 m. Deux trumeaux en acajou et bronze doré. H : 1.85 m ; L : 0.98 m.


Jean-Baptiste YOUF


Fils de Gilles Youf et de Jeanne-Marie Guérin, qui s'établit avec son autre frère Sébastien en Italie, où l'un des deux (ou les deux) créa une manufacture à Lucques sur la demande de la princesse Élisa en 1805. 

L'établissement fut installé d'après les ordres de la princesse à Lucques dans une partie du monastère des Carmélita. Sous l'impulsion d’Élisa, qui lui fit meubler les palais de sa nouvelle principauté, l'entreprise prit rapidement une grande extension ; en 1807, il se plaignait de manquer d'ouvriers. 

En 1808, Elisa devint grande duchesse de Toscane et, résidant souvent à Florence, elle chargea Youf d'une grande partie de l'ameublement des appartements du palais Pitti ; elle obtint alors de l'Empereur de faire payer un certain nombre d'objets par le Garde-meuble, ce qui permet aujourd’hui de retrouver aux Archives nationales le libellé exact des commandes.

Tout prouve l'importance de la manufacture Lucquoise, qui a dû être une des plus importantes de Toscane. En 1811, les demandes, pour obtenir des ouvriers, sont signées par Sébastien ; et le 26 août, on lui réclame les meubles qu'il devait livrer pour Florence : on les attend pour garnir un château que S.A.I. ne peut habiter par ce retard. Il est donc très difficile de différencier l’œuvre des Youf. En Italie, il continua à livrer de beaux meubles, pour les Bourbon, exécutés vers 1818 et conservés au palais Pitti (ces meubles portent le chiffre C.-B. couronné). On ignore jusqu'à quel âge il continua à travailler. Il resta peut-être seul en Italie puisque nous retrouvons Sébastien à Paris en 1819.

Commandes Officielles

  • Palais Pitti, pour S.A.I. la grande duchesse en 1812 : un grand lit, 2 100 F ; une table à coulisse d'acajou à 1 800 F. 
  • Pour la résidence de Marlia, pour la grande duchesse, en 1812 : un secrétaire en orme à 1 000 F, et une table à déjeuner de même bois à 200 F.
  • Pour le palais de Lucques, le 21 mars 1812 : quatre tables à jeux en bois d'acajou, couvertes en drap vert, et quatre autres tables en acajou.

Musées

Palais Pitti : secrétaire à abattant en acajou et bronze doré, le bas à trois tiroirs, flanqué de quatre griffons en bronze doré, le haut à abattant surmonté d'une pendule. Signé ; vers 1818. Guéridon en acajou et bronze doré, porté par trois groupes de deux petites colonnes décorées de guirlandes de lierre en bronze doré, dessus de marbre granit d'Elbe. Grand bureau à coffre double face en acajou, posé sur un socle ; il comporte trois tiroirs de chaque côté, et un grand tiroir sous la ceinture ; à chaque angle deux colonnes accouplées. Signé Youf, ébéniste de la grande duchesse de Toscane, rue Neuve à Lucques, 1809.

Collections Particulières

Table à écrire de forme ovale en acajou et bronze doré, posée sur un socle ; deux pieds en forme de lyre. Castello, villa Petraia (Repr. dans J.-B. Youf par Derrick Worsdale).



Sébastien YOUF


D'après plusieurs textes tirés des archives de Lucques, c'est lui qui est indiqué comme ébéniste de la princesse Élisa en 1807 et 1811 ; il réclame des ouvriers, puis se fait réprimander car il est en retard dans ses livraisons.

 Après la chute de l'Empire et le départ de la princesse Élisa, il revint à Paris ; une facture datée de 1819 indique qu'il est fabricant de meubles en acajou ; il tient une fabrique et un magasin de meubles des plus assortis et du plus nouveau goût, tient aussi les albâtres, qu'il devait se faire envoyer d'Italie.

Installé 28, rue de Cléry en 1819, puis 43, boulevard Saint-Martin, il s'établit 48, rue Meslay de 1827 à 1842. Il présenta à l'Exposition des produits de l'industrie française de 1827 deux tables de salon de fort bon goût et d'un beau travail, et obtint une médaille de bronze pour ces meubles parfaitement exécutés.

Il n'obtint pas le rappel de sa médaille en 1834, mais M. de Moléon, l'un des rapporteurs du jury signalait alors que "...ce n'a pu être que l'effet d'une omission...car M. Youf la mérite d'autant plus [...] que son exhibition était manquante".

Il fit faillite le 5 novembre 1841 ; l'actif était de 32 000 F  et le passif de 21 961 F. Il obtint son concordat en mars 1842, mais il dut abandonner l'actif.

Musées 

Musée national de château de Fontainebleau : guéridon en acajou orné de bronze doré, porté par cinq pieds en console sur un socle en étoile, dessus de marbre blanc. Il fut envoyé en 1863 à Fontainebleau pour l'appartement du Prince Jérôme ; estampillé.



Musée national du château de Fontainebleau


Collections Particulières

Grand Guéridon en acajou et bronze doré, porté par cinq pieds en console, posé sur un socle en étoile, le bas des pieds orné de têtes de sangliers et le haut de cornes d'abondance ; dessus de marbre blanc. (Torino, galleria C. et G. Rossi)


 Turin, Anc. coll. C. et G. Rossi

Ventes

Semur-en-Auxois, 12 octobre 1986 : console en acajou ornée de bronzes dorés, assortie au guéridon conservé au château de Fontainebleau. Repr. in Gazette de l'hôtel Drouot n° 34, 1986
Hôtel Drouot, 2 décembre 1987, n° 127 : travailleuse en placage d'érable moucheté et filets d'amarante, la partie haute en forme de coffret à couvercle à doucine et base arrondie. Elle repose sur un piétement en X relié par une tablette ovale. Elle ouvre par un tiroir à nombreux casiers. Époque Charles X. Estampille de Youf. H : 0.80 m ; L : 0.55 m ; P : 0.39 m


Bibliographie

"Le Mobilier Français du XIXème Siècle"
  Denise Ledoux-Lebard
  Les Éditions de l'Amateur - 1984


 

Jean CAUMONT
1736 - 4 septembre 1800

Reçu Maître le 14 décembre 1774

 

Établi rue Traversière, il prendra une part active à la Révolution, au cours de laquelle il sera élu au tribunal de commerce. Sa carrière d'ébéniste semble avoir été consacrée en grande partie à la fabrication de commodes et de secrétaires dont un nombre important a subsisté. Mais de lui, on connait aussi des bureaux à cylindre, des bonheurs-du-jour, des tables, des coiffeuses, des guéridons, etc.

Les styles Transition et surtout Louis XVI dominent son œuvre. Dans l'un comme dans l'autre, on ne trouve que quelques meubles plaqués d'acajou ou de satiné car il préfère les marqueteries de bois de couleur, dont il orne la plus grande partie de sa production. Il s'agit de branchages fleuris, de vases et de corbeilles, d'attributs de la Musique ou du Jardinage, d'objets divers et aussi de paysages avec architectures. Ces motifs sont parfois enrichis d'incrustations de nacre et d'ivoire, comme c'est le cas sur une commode Louis XVI vendue à Versailles en 1983. On trouve aussi, sur un secrétaire louis XVI à pans coupés (celui-là même, semble-t'il, que Salverte situait au château d'Ognon, près de Senlis), une composition dans le goût de celles fréquemment traitées par Bircklé, mais interprétée ici dans un style différent. Elle représente un bureau chargé d'instruments de musique, posés sur un carrelage blanc et noir surmonté d'une draperie (Drouot, 1987).

Ces marqueteries, très décoratives figurent principalement sur des commodes à léger ressaut, Transition aussi bien que Louis XVI, et sur des secrétaires souvent ornés aux angles de cannelures simulées. A signaler encore quelques meubles dont les pieds sont marquetés de cannelures torses, également simulées. Nombre de commodes Louis XVI reposent sur des pieds gaines de section carrée. 

Jean Caumont cessera son activité en 1795 et transmettra son atelier à son fils Claude Emmanuel.


Bibliographie

"Le Mobilier Français du XVIIIème Siècle"
  Pierre Kjellberg
  Les Éditions de l'Amateur - 2002


David-Frédéric DUBOIS

(né à La Chaux-de-Fonds, mort avant 1789)


D'abord Négociant à La Chaux-de-Fonds, il fut reçu Maître, le 7 août 1780, et s'installa rue Saint-Honoré en 1781. Il signa ses mouvements "D.F Dubois".

Pendant sa courte période de production parisienne, il commercialisa des pendules de très grande qualité dans des caisses de François Vion, Viollet et B. Lieutaud, dont certaines dorées par François Rémond. 

Il collabora, aussi, avec Jean-Baptiste Furet et utilisa des cadrans émaillés par Pierre Bézelle.
Antide JANVIER

1751 -1835


Fils de Claude-Etienne Janvier, agriculteur et horloger et de Françoise Tournier, Antide Janvier naquit dans la paroisse de Saint-Romain à Brive, un hameau faisant aujourd'hui partie de l'arrondissement de Saint-Claude. Il fut baptisé le jour même de sa naissance le 1er juillet 1751 dans l’église de Saint-Lupicin, et reçut le prénom de son parrain qui était probablement son grand-père. Trois ans plus tard naquit son frère Joseph et peu après Claude-Étienne déménagea à Saint-Claude (Rue Neuve) pour se consacrer entièrement à l'horlogerie. Après le décès prématuré de sa femme, il dut élever tout seul ses deux fils et confia Antide âgé de douze ans, sans doute déjà initié à l'horlogerie, aux soins de l'Abbé Jacques-Joseph Tournier (1690-1766). Tournier, malgré quelques idées aberrantes, fut un passionné de mécanique, d'astronomie et de l'application de l'une à l'autre. Plus tard, Janvier écrivit de lui : "Il possédait parfaitement l'art de calculer les rouages et de juger de leur effet ; il m'enseigna les éléments de cet art". En même temps, Tournier transmit à son élève une bonne connaissance du latin et peut-être un goût pour le symbolisme occulte qui le conduisit à adhérer à la franc-maçonnerie.

Très doué et sûrement influencé par son mentor, Janvier, âgé d'à peine quinze ans, entreprit peu avant le décès de Tournier la construction d'une sphère planétaire qu'il présenta en 1768 à l'Académie des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Besançon où elle fut très applaudie. Après un séjour de trois ans à Besançon, où il restaura, avec quelque maladresse, l'horloge à calendrier et astrolabe qui avait appartenu vers 1545 au Cardinal Granvelle, il rentra à Saint-Claude. Là, il travailla de nouveau sur les sphères planétaires dont une fut peut-être montrée à Louis XV pendant une brève visite à Paris en 1773. En 1775, il présenta une deuxième paire de sphères à l'Académie de Besançon avant de s'établir comme horloger à Verdun où il épousa sa première femme Anne-Catherine Guyot. En 1783, il obtint le titre d'Horloger-mécanicien de Monsieur, frère du Roi.

En 1784, Janvier retourna à Paris où, grâce au soutien de l'astronome Lalande et de Papillon de la Ferté, Intendant des Menus-Plaisirs, il fut reçu par Louis XVI qui lui acheta sur-le-champ une paire de sphères mécaniques (l'une ptolémaïque, l'autre copernicienne), enthousiasmé par ses travaux le roi le rattacha à l'administration des Menus Plaisirs. La même année, il s’installa définitivement à Paris. Là, il reçu commande d'une horloge polycamératique pour l’École Lyrique avec la charge de l’entretenir.  Le contrat lui attribuait un logement dans l'école et, par conséquent, la liberté de pratiquer son art en dehors de la juridiction de la communauté des horlogers de Paris.

Ainsi établi et jouissant d'une réputation européenne, Janvier créa des mécanismes savants et entreprit la fabrication d'une longue série d'horloges originales et de très grande qualité pour la haute société parisienne et la Cour. Pour cette clientèle exigeante et savante il fabriqua des pendules à la fois décoratives et sophistiquées et sut s'entourer des meilleurs artisans de l'époque pour parfaire ses créations. Pour les caisses et l'ébénisterie, les interventions de Schwerdfeger, Jacob et Riesener sont avérées tandis qu'il collabora avec le bronzier Martincourt et les célèbres émailleurs Coteau et surtout Dubuisson pour décorer les cadrans. Parallèlement, il produisit des pièces exceptionnelles, telle son horloge des marées et, plus tard son horloge départementale qui indiquait l'heure dans chacun des nouveaux départements. Néanmoins, sa passion pour les horloges astronomiques ne fléchit pas, et de temps à autre il fit l’acquisition d'objets comme l'une des sphères de Pigeon et une horloge en forme de globe conçue par Outhier et Catin.

A la chute de la monarchie et la disparition de la cour en 1792 (l'année du décès de sa femme), Janvier s'adapta au nouveau régime. En 1793, il demanda et obtint un appartement au Louvre, signe de sa reconnaissance, et entreprit des missions pour la Commission temporaire des Arts qui le chargea de dresser l'inventaire de "toutes les machines métiers, instruments et autres objets utiles à l'instruction publique, appartenant à la nation". Devenu membre de cette commission chargée de localiser et d’inventorier les biens culturels confisqués, pour les mettre à la disposition des établissements publics et malgré de telles obligations, Janvier entama à ce moment la décennie la plus féconde de sa vie, créant de nouveaux modèles de pendules et réutilisant de plus anciens. Entre 1788 et 1801, il réalisa notamment ses deux chefs-d’œuvre : les pendules astronomiques à quatre faces couronnées par des sphères mécaniques. La première des deux, acquise par Louis XVI en avril 1789, fut placée aux Tuileries et disparut dans l'incendie de 1871. La seconde est aujourd’hui conservé dans une collection privée étrangère (voir A. Kugel, Sphères, l'art des mécaniques célestes, cat. expo. galerie J. Kugel, Paris, 2002).

A partir de 1803-1804, Janvier profita d'un appartement spacieux au Collège des Quatre Nations rebaptisé Collège des Arts, lequel devint, en 1805 le siège permanent de l'Institut National. Il vécut là presque tout le reste de sa vie, mais dans des conditions financières de plus en plus difficiles. En 1810, il se mit en faillite et une bonne partie de son stock fut vendu aux enchères. Néanmoins, il resta actif, écrivit plusieurs ouvrages, participa à des expositions nationales, mais il ne parvint jamais à terminer la restauration de l'étonnante pendule astronomique de Passemant à Versailles. En 1818, il se remaria avec Sylvie-Thérèse de la Tour (1779-1859). Malgré un caractère de plus en plus difficile, Janvier fut aidé jusqu'à la fin de sa vie par une poignée d'amis fidèles et notamment son ancien élève B.H. Wagner. La mort l'emporta le 24 octobre 1835.

Durant sa vie, longue, active et turbulente, Janvier produisit à peu près six cents pendules. Nous en connaissons aujourd'hui à peine le dixième mais elles suffisent à illustrer son génie. Ces pendules sont toutes d'une haute originalité, la complexité de leurs cadrans et mécanismes contrastant avec la sobriété de leurs caisses. Pierre Mesnage caractérise ainsi l’œuvre de Janvier : "Au-dessus de tout, caractère d'instrument scientifique donné à l'horloge, mais souci esthétique extrêmement vif dans la sobriété décorative: complication des fonctions, mais simplicité de leur réalisation par des mécanismes et des rouages particulièrement judicieux ; classicisme des solutions proprement horlogères comme les échappements ou la compensation, mais remarquable variété d’inventions dans  les combinaisons cinématiques ; enfin perfection de l'exécution aussi bien dans les mouvements que dans les parties accessoires".



Références Bibliographiques

Augarde, Jean-Dominique & Ronfort, Jean Nérée, Antide Janvier, mécanicien-astronome, Horloger ordinaire du Roi, Paris 1998

Gros, Georges, 'Andide Janvier, éléments biographiques à l'occasion du bicentenaire de sa naissance, 1751-1951', Bulletin de l'ANCAHA, XVII, 1977, p. 106-26

Hayard, Michel. Antide Janvier 1751-1835, horloger des étoiles, Villeneuve-Tolosane, 1995

Mesnage, Pierre, 'L’œuvre horlogère d'Antide Janvier', Bulletin de l'ANCAHA, XV, 1975, p. 7-38

Reverchon, Léopold, 'Antide Janvier, horloger-astronome (1751-1835)', Annales françaises de Chronométrie, 1935, p. 242-253

Jean-Jacques PAFRAT
Mort le 18 août 1793

Reçu Maître le 3 septembre 1785


La Révolution interrompra la courte carrière de cet ébéniste établi rue de Charonne. 

Il fut reçu Maître en 1785 et se maria, en 1788, avec comme témoin l'ébéniste Nicolas Petit.

Son estampille, "I.Pafrat", figure sur un certain nombre de meubles pour la plupart en acajou, d'une architecture très sobre utilisant des jeux de couleurs raffinés avec, pour tout décor des moulures, des cannelures et, plus rarement, de fines baguettes en bronze. 

Des commodes, des secrétaires sont parfois flanqués de colonnes profilées, pouvant s'amincir vers le bas, et ornées de cannelures droites ou torsadées. Quelques ouvrages, en particulier des consoles formant dessertes, évoquent la manière de Weisweiler. Enfin des meubles comportant des encadrements d'ébène sont attribués à cet ébéniste, à l'instar du secrétaire et de la commode qui furent confisqués en 1793 chez le duc d'Orléans au Raincy et qui se trouvent actuellement conservés à Versailles.



Une commode à vantaux, provenant de l'ancienne collection de la galerie Berendt à Londres, présente dans ses angles des colonnes cannelées de marbre blanc, qui constituent un détail unique dans le mobilier français, que l'on retrouve le plus souvent sur des pièces meublant les palais russes.


On retrouve enfin l'estampille de Pafrat, voisine avec celle de Carlin, sur une table à déjeuner ornée de porcelaine de Sèvres, offerte par Marie-Antoinette à Lady Auckland (Victoria and Albert Muséum, Londres), ainsi que sur un secrétaire et une armoire en bois de rose et bois de violette provenant de l'ancienne collection de Mme de Polès (vente à Monaco en 1980). Cette double signature ayant parfois accrédité la thèse d'une collaboration entre les deux hommes. Il n'en est rien et pour cause, Carlin étant mort l'année où Pafrat obtenait la maîtrise. Il est certain que ce dernier n'a pu que restaurer, voir achever les meubles en question...


Bibliographie

"Le Mobilier Français du XVIIIème Siècle"
  Pierre Kjellberg
  Les Éditions de l'Amateur - 2002
Claude-Louis BURGAT
1717 - avant 1744

Reçu Maître en 1744

 

 


Ce menuisier établi rue de Cléry puis rue Feydau est surtout réputé pour ses sièges Louis XV, mais, pratiquement, toute sa production est de haute qualité. Il s'agit presque toujours de larges fauteuils à dossier plat, souvent à châssis. La sculpture (fleurs et motifs rocailles) en est peu abondante mais profonde et incisive, tout comme les moulures qui accusent les lignes puissantes et souples. D'élégantes nervures se répondent parfois en courbes et en contre-courbes, rythmant les chantournements de la ceinture et du dossier. Raffinement supplémentaire, les pieds de certains modèles se terminent par une volute tournée vers l'intérieur, signe de grande qualité. On trouve notamment cette caractéristique sur une partie de sièges d'un exceptionnel mobilier Louis XV en bois sculpté de grenades, fleurs et feuillages, comprenant dix-huit pièces, toutes estampillées de Burgat (vente à Paris en 1987). A signaler enfin, du même menuisier, mais en beaucoup moins grande quantité, quelques bons sièges d'un style Louis XVI classique.

Bibliographie

"Le Mobilier Français du XVIIIe siècle"
  Pierre Kjellberg
  Les Éditions de l'Amateur - 2002
Gabriel RILLIET

(2 ou 7 mars 1737 - Genève, 25 octobre 1807)



Gabriel Rilliet est un horloger genevois actif à Genève, puis à Strasbourg dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle et au tout début du XIXe siècle.

Il est le fils de François Rilliet (Versoix, Genève, 28 septembre 1701 - Genève, 27 mai 1739), horloger, et de Gasparde Rousset (v.1705 - Genève, 20 février 1769),  mariés le 4 juin 1726 à Genève.

François Rilliet est le fils de Nicolas Rilliet (Genève, 29 décembre 1666 - 24 mars 1726), enseigne au régiment de Surbeck (régiment d'infanterie suisse du royaume de France, créé en 1677, qui porte, entre le 16 octobre 1692 et le 5 mai 1714, le nom de Jean-Jacques de Surbeck, (1644 - 1714) et commissaire à Versoix, et de Gasparde Varrier (v. 1670 - 1725), mariés le 7 février 1686. Nicolas Rilliet est converti au catholicisme.

Ces Rilliet sont issus d'une très vieille famille genevoise qui accède à la bourgeoisie le 1er mars 1484, avec Mermet Rilliet (v. 1430 - v. 1500) de Collonge-Bellerive ("Mermetus Rillieti Colungiis supra Bellam Rippam") ; famille dont les traces remontent au moins à 1377, avec un autre Mermet Rilliet (ou Rulliet ; v. 1335 - v. 1395). Certains de ses membres sont au cours des âges actifs dans l'horlogerie (1).

Gabriel Rilliet épouse, le 19 octobre 1764 à Genève, Marianne (ou Marie Anne) Rothea (v. 1740 - Genève, 12 avril 1807), fille de Franz Georg (François-Georges) Rothea (ou Rothe ; mentionné en 1737 et en 1742), horloger strasbourgeois. Le couple (outre sept ou huit enfant morts jeunes) a deux (ou trois) fils et deux filles qui arrivent à l'âge adulte : 
  • François-Antoine (Genève, 5 septembre 1765 - Strasbourg, ap. 1818), horloger
  • Marie-Rose-Elizabeth (Genève, 19 juin 1767 - Strasbourg, 16 novembre 1806 (ou Genève, 16 novembre 1808) ; épouse, le 20 octobre 1787, Jean-Nicolas Schultz (v. 1765 - ?), négociant ; divorcés.
  • Marie-Anne (Genève, 28 août 1773 - Genève, 1838) ; épouse, le 9 octobre 1809, François-Louis Gegerman (v. 1770 - ?)
  • Louis-Florent (Genève, 29 janvier 1775 - ap. 1838), horloger
  • Claude-Gabriel (probablement né à Strasbourg, ? - ?), horloger
Le couple est établi à Genève entre octobre 1764 (mariage) et au moins septembre 1781 (décès de leur 11ème enfant, une petite fille d'environ neuf mois).

Gabriel Rilliet est ensuite associé au commerce de son beau-père à Strasbourg ;  ils signent alors leurs garde-temps "Rothea & Rilliet à Strasbourg" (2). Il est ensuite actif seul et signe "Rilliet à Strasbourg". Il habite rue des Hallebardes N° 3.

Durant la Révolution française, le 18 pluviôse an II (6 février 1794), Gabriel Rilliet, sa femme et ses enfants sont arrêtés et détenus à Strasbourg "reconnus pour ennemis de la révolution" (conformément à l'article 2 du décret du 17 septembre 1793), avec comme motif de détention "père d'un émigré" et "mère et sœurs d'un émigré" ; l'un des deux//trois garçons - François-Antoine ou Louis-Florent ou Claude-Gabriel - est donc à ce moment loin de Strasbourg.

Lors d'une exposition de bijoux anciens et modernes, montée à Strasbourg en 1904, est présentée une montre de poche en or, de style Louis XVI, avec mouvement "apparent" signée "Rothea & Rilliet à Strasbourg" (N° 666 du catalogue).

Notes

(1) Un Théodore Rilliet est apprenti "faiseurs" de boîtes chez Jacques Chevalier, en 1679 (Patrizzi, 1998, p. 343). Un J.-B. Rillet est mentionné comme horloger, à la fin du XVIIIe siècle (Patrizzi, 1998, p. 343). Un Jean-François Rillet est mentionné comme horloger dans le Pays de Gex, près de Genève, en 1749 (Tardy, 1971-1972, p. 555). Un Rilliet ou Rillet signe une montre à Strasbourg, à la fin du XVIIIe siècle (Tardy, 1971-1972, p. 555).

(2) Un andré Roth, horloger à Strasbourg, est mentionné comme décédé en 1754 (Tardy, 1971-1972, p. 572) ; probablement un membre de la famille Rothea (ou Roth, selon l'orthographe du temps et la francisation des patronymes).


Bibliographie

"Encyclopédie de la Pendule Française"
  Pierre Kjellberg
  Les Éditions de l'Amateur - 1997
 


"Les Ouvriers du Temps"
  Jean-Dominique Augarde
  Antiquorum Editions - 1996


"Les plus belles Pendules Françaises"
  Éditions Tardy, Paris - 1994