Bon DURAND

Maître le 18 février 1761
 

Depuis son accession à la maîtrise jusqu'à la Révolution, cet ébéniste, gendre de son confrère Cordié, a travaillé rue de Charenton, en particulier pour des marchands-ébénistes comme Pierre Migeon et Denys Genty et pour des tapissiers comme Bonnemain et les frères Presle, qui lui commandent de nombreux meubles en acajou. Son estampille figure sur des meubles Louis XV -commodes, certaines d'esprit Régence, secrétaires, bibliothèques- qui témoignent de son habileté dans l'agencement des placages. Il emploie aussi des marqueteries de fleurs. Des meubles Transition ou Louis XVI, souvent en acajou, sortent également de son atelier. On peut supposer que nombre de ses œuvres, livrées à des marchands, ne portent pas son estampille.

Bibliographie

"Le Mobilier Français du XVIIIe siècle"
  Pierre Kjellberg
  Les Éditions de l'Amateur - 2002


Edward Holmes BALDOCK
(1777 - 1845)



Edward Holmes Baldock (1777 - 1845) est un des premiers marchands de Londres spécialisé dans le commerce du mobilier français du XVIIIe siècle et de la porcelaine montée. Installé à partir de 1805 au 7 Hanway Street en tant que marchand de porcelaine de Chine et de verrerie, il obtint le statut de fournisseur officiel de céramiques chinoises auprès du roi William IV de 1832 à 1837 puis de la reine Victoria de 1838 à sa mort en 1845. A partir de 1821, il élargit son champ d'activités et exerce en tant que commerçant et restaurateur de meubles, n'hésitant pas à remanier et remettre au goût du jour les meubles du XVIIIe siècle afin de satisfaire les goûts de sa clientèle, à l'instar des marchands-merciers parisiens du siècle précédent.

Ayant pour clients le roi George IV et une grande partie de l'aristocratie anglaise, il participe à l'élaboration des plus grandes collections de mobilier français au XIXe siècle. Sa marque E.H.B fut identifiée par Sir Geoffrey de Bellaigue, Directeur de la Royal Collection de 1988 à 1996, et peut être identifiée sur du mobilier datant des XVIIIe et XIX siècles.


Edward Holmes BALDOCK
(1777 - 1845)


Edward Holmes Baldock (1777 - 1845) was one of London's leading merchants who specialised in 18th century French furniture and mounted porcelain. In1805, he established himself as a Chinese porcelain and glassware merchant at 7 Hanway and was granted the status of official supplier of Chinese ceramics to King William IV from 1832 to 1837 and to Queen Victoria from 1838 until his death in 1845. From 1821 onward, he widened his field of activities and worked as a merchant and restorer of furniture, similar to the Paris merchant-merciers of the previous century and he did not hesitate to restore and bring up to date the furniture of the eighteenth century to satisfy the tastes of his clients. 

With clients like King George IV and a large part of the English aristocracy, he participated in the development of the largest collections of French furniture in the nineteenth century. His signature E.H.B which can be found on furniture dating back to the 18th and 19th centuries, was identified by Sir Geoffrey de Bellaigue, who was the Director of the Royal Collection from 1988 to 1996.

Pierre PIONIEZ
Mort le 6 avril 1790

Reçu Maître le 14 août 1765


Il travaille d'abord comme ouvrier libre dans le faubourg Saint-Antoine, notamment comme fournisseur des Migeon, puis s'établit dans le Marais, rue Michel-Lecomte, où il demeurera jusqu'à sa mort. Cet ébéniste a laissé des meubles en majorité de style Transition ou Louis XVI, tous de très bonne qualité, très fréquemment ornés de marqueteries caractéristiques de vases, de tasses, de vaisselles et d'ustensiles divers, pas très fines mais décoratives, proches de celles de son confrère Charles Topino.

Hormis ses commodes Transition et quelques rares ouvrages volumineux, Pioniez marque une nette préférence pour les meubles légers. Ces derniers -des petites tables, des bonheurs-du-jour, des consoles dessertes- reposent souvent sur des pieds galbés se terminant au sommet par une volute que souligne un petit médaillon de bronze. On ne connaît guère d'autres exemples de ce motif particulièrement original.




Pour être moins typiques que les décors de vases et d'ustensiles, les marqueteries de trophées et de fleurs ou encore de motifs géométriques n'en sont pas moins d'excellente qualité. Certaines d'entre elles sont même traitées avec une plus grande délicatesse. Un bel exemple en est fourni par une table trictrac Louis XVI marquetée de fins rinceaux de muguet et de bleuets en bois de couleur sur un rare fond de citronnier, vendue à Paris le 29 mars 1966.


 Trictrac vendu à Paris au Palais Galliera, le 29 mars 1966 (lot 97)

Les placages unis habillent plus volontiers les quelques grands meubles de Pioniez. On doit mentionner, dans cette catégorie, deux ouvrages Louis XVI hors du commun : un bureau pourvu d'un curieux cylindre bas, d'une forme inusitée (vente à Paris le 11 juin 1958), et un autre bureau à cylindre, monumental celui-là, surmonté d'un corps d'armoire à deux portes et flanqué sur les côtés de trois niveaux d'étagères d'angle (Palais Galliera, 10 décembre 1975)

Pioniez utilise surtout des bronzes, qu'il applique avec parcimonie sur certains modèles, plus abondamment sur d'autres, en particulier sur ses grands meubles et sur des commodes Transition.

Bibliographie

"Le Mobilier Français du XVIIIe siècle"
  Pierre Kjellberg
  Les Éditions de l'Amateur - 2002
Jacques CHENEAUX
Mort vers 1782

Maître le 24 mai 1756



Rue du Bout-du-Monde, près de l'église Saint-Eustache, il reprend l'atelier de son père Nicolas, et produit des sièges tantôt cannés, tantôt recouverts d'étoffe dans les styles Louis XV, Transition et Louis XVI. Certains de ses sièges cannés figuraient dans la vente de la collection Dutasta, les 3 et 4 juin 1926, à la Galerie Georges-Petit. A noter sur quelques sièges Louis XVI, des nœuds de rubans sculptés ainsi que des dés de raccordements assez insolites.

Musée

Strasbourg, Arts Décoratifs
Fauteuil de bureau Louis XVI

Ventes

Quatre fauteuils à la reine et un canapé Transition, moulurés et sculptés de noeuds de rubans, Genève, 12-14 mai 1977, n° 426.
Paire de fauteuils fin Louis XV à dossier cabriolet, en bois naturel sculpté, non recouverts, Drouot, 19 décembre 1986, salle 15.
Paire de petites chaises à dossier médaillon, sculptées de nœuds de rubans, Drouot, 27 novembre 1967.
Canapé corbeille (L. 190 cm) et quatre fauteuils Louis XVI à dossier médaillon, sculptés de nœuds de rubans, Lyon, 19 mai 1987.
Quatre fauteuils cabriolet Louis XVI à dossier en chapeau, bois mouluré, Semur-en-Auxois, 7 juin 1987.

 Bibliographie

"Le Mobilier Français du XVIIIe siècle"
  Pierre Kjellberg
  Les Éditions de l'Amateur - 2002
Philippe CAFFIERI

1714 - 1774


Philippe Caffieri, connu sous le nom de Caffieri l'aîné, est né en 1714 et mort en 1774. Fils de Jacques Caffieri, qui détenait le titre de sculpteur et ciseleur ordinaire du Roy. Son frère cadet était le sculpteur Jean-Jacques Caffieri. En 1751, il épouse Antoinette-Rose Lambert Rolland, dont le père et le frère ont été successivement premier valet de chambre dans la maison du Prince de Condé.
Caffieri étudie avec son père et a également fréquenté l'école de dessin de l’Académie de Saint-Luc. En 1743, ses parents réussirent à lui faire transmettre le privilège accordé jusqu'à présent à sa mère, à savoir le titre de ‘marchande doreur graveur damasquineur suivant la Cour’ ‘pour faciliter son établissement’. En 1747, son père et lui s'associent. Il devint maître-sculpteur en 1754, est nommé membre de l’Académie de Saint-Luc où il allait plus tard devenir juré. Son père meurt en décembre 1755, et il devient propriétaire de l'atelier de la Rue Princesse, reprenant le stock de modèles de l'entreprise familiale en versant à ce titre des indemnités à son frère. Un mois plus tard (le 16 janvier 1756), il est agréé maître-fondeur en terre et sable sans avoir eu à produire un chef-d'œuvre, simplement parce que son père avait été maître-fondeur.
 
À en juger par les inventaires établis à la mort du père et de Philippe lui-même, il semblerait que ce dernier ait agrandi l'établissement dans une certaine mesure après l’avoir repris. En 1770, il y avait six établis, tandis qu’à l’époque de son père, il n’y en avait que quatre. À titre de comparaison, on peut noter que Pitoin avait seulement deux établis dans son atelier en 1777. Outre l'équipement pour la fonte et la coulée de bronze, Caffieri possédait également les tarauds et filières pour la production de filetage. Par ailleurs, on a aussi répertorié quatre établis de sculpteur et un chevalet. La prospérité de Caffieri est également reflétée par la quantité non négligeable d’argenterie qu'il possédait - pour un total de 74 marcs en poids et évaluée à 3 774 livres en monnaie, à savoir presque deux fois plus que son père n’avait possédé…
 
Lorsque sa femme meurt en 1770, Caffieri détient un stock impressionnant de chenets, d’appliques, de chandeliers, de candélabres, etc., en partie sous forme de modèles et en partie en produits finis. Au total, il y avait environ une centaine de pièces, évaluées à 16 154 livres. Les descriptions montrent que seule une faible partie de ce stock était dans le goût rocaille, et que certaines de ces pièces furent produites en réalité pendant que le père était encore en vie. Le reste est clairement dans le style néo-classique. Il convient de noter que le stock ne comprenait apparemment pas de garnitures ordinaires pour les meubles.

Parmi les œuvres du sculpteur à titre indépendant, produites après la mort du père, on peut inclure les riches éléments en bronze pour les meubles de Lalive de Jully (environ 1756-57), exécutés d’après des dessins de Le Lorrain. Ensuite, il y avait quelques appliques en forme de cors de chasse pour le Palais de Saint-Hubert (1758), des chenets pour le Marquis de Marigny (1758), des pièces pour l’autel de la Cathédrale Notre-Dame (commencées en 1760), divers travaux pour la Cour de Pologne à Varsovie (1766-68), quelques dessins pour un service de toilette en argent destiné à la Princesse des Asturies (1765, exécuté par Pierre Germain et Thomas Chamelier), quelques lustres, chenets, etc., pour le Prince de Condé (1769-70), un ensemble d’objets pour l’autel de l'église Saint-Nicolas du Chardonnet (environ 1770), une ‘girandole à cinq branches’ pour le Comte d'Orsay (1770-71) et des pièces pour l’autel de la Cathédrale de Bayeux (1771).
La plus grande partie du travail de dorure de Caffieri semble avoir été réalisée par Pierre-François Carpentier, à qui il devait 14 580 livres en 1774. Il se trouve d’ailleurs que les pères des deux hommes avaient travaillé ensemble de la même manière. Parmi les autres artisans ayant collaboré avec Caffieri on trouve le bronzier Pierre-François Boitard, à qui il devait 8 181 livres en 1774, et le bronzier Louis-Barthélemy Hervieu, à qui il était redevable de 6 313 livres.

Il y avait également Georges-Alexandre Moreau, un bronzier qui était créancier de Caffieri à hauteur de 2118 livres.
Notre portrait de Philippe Caffieri se complète par l’étude de sa très respectable collection d'art et sa bibliothèque. Parmi ses peintures à l'huile figuraient cinq tableaux de Chardin, deux de Lagrenée l'aîné et un autre de Le Geay - une peinture ovale intitulée Fragment du Temple de Jupiter, et le Tombeau de Sectius. Il possédait des œuvres de Saly, Falconet et Challe, ainsi que des dessins de Pajou, François Boucher et Fragonard. Parmi ses œuvres sur l'architecture se trouvent les dessins gravés de Marot, Palladio, Vignola, Le Pautre, Vitruve et Les Ruines des plus beaux monuments de la Grèce de Le Roy, mais aussi les compilations du Comte de Caylus. Il avait des Vedute romains de Piranesi, de Le Geay et d’autres, ainsi que 188 gravures de ‘vases’ et 170 d' ‘ornemens’. Ainsi, il n'est pas surprenant qu'il posséda également quelques gravures des œuvres de Vien.




Louis MOREAU
Mort en 1791

Reçu Maître le 27 septembre 1764


Au moment où il reçoit la maîtrise, cet ébéniste reprend, rue de l'Echelle-Saint-Honoré, "A la descente des Tuileries", le fonds de l'ébéniste Denis Genty. Comme ce dernier, il fait travailler des artisans de renom tels Bircklé, Foullet et Topino, et ne réalise lui-même qu'une partie des meubles qu'il vend. Il est possible que certains des ouvrages qui portent son estampille ne soient pas de lui. Ces meubles témoignent d'ailleurs d'un grand éclectisme qui peut justement s'expliquer par la diversité des origines. De style Louis XV, Transition ou Louis XVI, ils sont ornés de placages, de marqueteries variées (motifs géométriques, trophées, fleurs), de laque d'Extrême-Orient ou de vernis. Sur un de ces meubles en acajou, exécuté sans doute à la fin de sa carrière, une étiquette précise qu'il "Fait et tient Magazin [de différents meubles tels que] Secrétaire, Armoire, Commode, Bibliothèque, Bureau à cylindre, Table à jouer, Table Angloise d'Acajou et tout ce qui concerne la Menuiserie et l'Ebénisterie à Paris".

En matière de menuiserie, on connaît des sièges en acajou massif, dont certains à dossier ajouré qui portent son estampille et qu'il a probablement exécutés dans les dernières années de son activité. 

Louis Moreau a laissé son estampille sur de belles commodes Louis XV en laque, sur des bureaux plats, sur des meubles Transition marquetés de cubes, voire de paysages, enfin sur des commodes, des secrétaires, des consoles dessertes, une table à écrire debout, qui a figuré à l'exposition sur les Grands Ébénistes, en 1955-1956 (n° 219), des tables de jeu, des tables à la Tronchin, autant de modèles Louis XVI aux lignes nettes et rigoureuses, pour la plupart en acajou. Peu des ces ouvrages présentent des caractéristiques suffisamment affirmées pour permettre de définir une manière personnelle à l'ébéniste. On peut toutefois mentionner un groupe de meubles pour lesquels il semble avoir marqué une nette prédilection ; il s'agit de commodes demi-lune Louis XVI de grandes dimensions, ouvrant par deux larges tiroirs sans traverse, avec un tiroir en ceinture et deux portes latérales, la face et les côtés ornés de panneaux de placage ou de marqueterie cernés d'encadrement de bronze doré ou de bois sombre. Sur la ceinture court fréquemment une frise de bronze faite de rinceaux ou encore de canaux et de tiges de feuillages alternés. Les pieds fuselés sont parfois décorés de cannelures torses sur certains modèles. 

Moreau a travaillé pour une clientèle aristocratique et même pour la Cour, qui lui passa des commandes sous le règne de Louis XVI par l'intermédiaire de l’administration des Menus-Plaisirs, où l'un des ses mémoires encore conservé mentionne, parmi ses fournitures, des consoles, servantes, tables à jeu, une "table de toilette faisant secrétaire" et "un guéridon en acajou moiré de la plus belle qualité".

Après sa mort, sa veuve, Louise Lemoine, conservera son atelier, puis le laissera à son fils, qui le transféra "rue Saint-Honoré, n° 1514, vis-à-vis les Feuillants, à côté de la place des Piques", aujourd’hui place Vendôme, où il figurera jusqu'à la fin de l'Empire.


Bibliographie

"Le Mobilier Français du XVIIIe siècle"
  Pierre Kjellberg
  Les Éditions de l'Amateur - 2002


"Les Ébénistes du XVIIIe siècle"
  Comte François de Salverte
  F. De Nobele, Paris - 1962


"L'Art et la Manière des
  Maîtres Ébénistes Français au XVIIIe siècle"
  Jean Nicolay
  Éditions Pygmalion - 1986

 

Ferdinand BURY
1740 - 20 janvier 1795

Maître le 27 juillet 1774
 

Les documents de l'époque le désignent souvent par son seul prénom. Dans son atelier de la rue de Charonne, il emploie volontiers des ouvriers de nationalité allemande. On dit qu'il aurait collaboré avec Riesener car une commode du musée du Louvre porte leurs deux estampilles. Il jouit d'une grande réputation, ce qui ne l'empêche pas de déposer son bilan le 29 octobre 1789. Un peu de placage et de marqueterie géométrique, beaucoup d'acajou caractérisent sa production exclusivement limitée au style Louis XVI. Il s'agit de commodes à léger ressaut, de bureaux à cylindre et de petits meubles : tables de salon, tables de chevet, jardinières, tricoteuses, tables de jeu, ainsi que des guéridons à crémaillère, tables mécaniques, coffres à secret, etc. Lignes strictes, montants et pieds à cannelures réelles ou simulées, très peu de bronzes.

Bibliographie

"Le Mobilier Français du XVIIIe siècle"
  Pierre Kjellberg
  Les Éditions de l'Amateur - 2002

Portrait d'Antoine-André Ravrio 
par Henri-François Riesener

Musée du Louvre
 
Antoine-André RAVRIO
(23 octobre 1759 - Paris, 4 octobre 1814)

Reçu Maître Fondeur en 1777

Reçu maître fondeur en 1777, Antoine-André Ravrio figure parmi les plus importants bronziers parisiens de la fin du XVIIIe siècle et du Premier Empire. Fournisseur attitré du Garde-meuble impérial, il participe, aux côtés de Thomire et de Galle, au réaménagement des principales résidences de Napoléon et à la fourniture de bronzes d’ameublement pour les grandes personnalités de l’époque, notamment certains maréchaux d’Empire. De nos jours, certaines de ses réalisations appartiennent aux collections du Mobilier national à Paris.


Antoine-André RAVRIO
(23 October 1759 - Paris, 4 October 1814)

Master Bronzier in 1777


Made master bronzier in 1777, Antoine-André Ravrio is one of the most important Parisian bronze workers of the late 18th century and the early Empire period. Supplier of bronzes to the Imperial Garde-meuble, he helped furnish Napoleon’s residences, along with Thomire and Galle; he also worked for some of the most influential figures of the time, including Marshals of the Empire. Today certain of his works are in the collections of the Mobilier national in Paris.

Noël GERARD

Avant 1690- 1736


Né sans doute avant 1690, Noël Gérard était le fils de Nicolas Gérard et de Marguerite Montigny, sœur de Claude Montigny (le grand-père de Philippe-Claude Montigny). A la mort de Nicolas Gérard, sa veuve s'était remariée avec Louis Dubois et elle eut comme enfant de cette seconde union en 1694, Jacques Dubois, le célèbre ébéniste, qui était donc le demi-frère de Noël Gérard. Celui-ci devint apprenti en 1701 auprès de François Clabaux, demeurant rue du Faubourg-Saint-Antoine, locataire des maisons "Au nom de Jésus" et "A la levrette". Il se maria le 14 décembre 1710 avec Marie Colin, la veuve d'un "menuisier en ébène" du nom de Jean Chrétien. Noël Gérard devint ébéniste et marchand. Vial le signale installé en 1719 rue du Faubourg-Saint-Antoine à l'enseigne du Cabinet-d'Allemagne. Il promit cette année-là à l'abbé Le Camus un bureau de travail à pieds de biche. Ses affaires prospérant, il s'installa bientôt dans le somptueux hôtel du financier Jabach situé rue Neuve-Saint-Merry à l'angle de la rue Saint-Martin, dans le quartier de la finance et du commerce de luxe. En plus de ses activités d'ébéniste, il devint alors l'un des plus grands marchands-merciers de Paris. Sa clientèle comptait aussi bien le roi de Pologne, Stanislac Leszczynski (qui lui acheta des tapisseries), qu'un prince du sang comme le compte de Clermont (qui lui devait en 1734 la somme de 139 672 L) ou des présidents à mortier du Parlement de Paris comme Gabriel Bernard des Rieux (qui lui devait 4 800 L en 1735) et le président Molé (1 110 L). On trouve également parmi ses clients le comte de Watteville, le chevalier d'Erlac, colonel des Suisses, le fermier général Le Riche de la Popelinière, le duc de Bauffremont, le prince de Carignan, M. Lenormand, avocat au Parlement , le comte de Gomecourt, un M. Gaultier, Lollin, Gabriel, Guiral de Beaulieu, et M. de Blanchefort. Les ambassadeurs étrangers se meublaient aussi chez Noël Gérard ; l'ambassadeur d'Espagne, le marquis de Castellas lui devait 108 000 L, de même que son secrétaire, don Ferdinand de Trevigno, qui lui devait pour plus de 4 000 L de meubles. L'ambassadeur d'Angleterre, "Mylord Wadgrave", acheta pour plus de 2 200  L de meubles chez lui en 1733.

Par ailleurs, on sait que Noël Gérard faisait appel à d'autres ébénistes pour lui fournir des bâtis de meubles. Il faisait ainsi travailler l'ébéniste Charles Bernouville, avec lequel il eut un différend en 1713 au sujet de deux bibliothèques défectueuses. En 1721, un différend l'opposa à l’ébéniste Jacques Dieufait qui lui fournissait des bâtis de commodes au prix de 7 L 8 sols pièce. Noël Gérard mourut en pleine activité au printemps 1736. Son inventaire après décès établi à partir du 17 août 1736, dans l'ancien hôtel du financier Jabach qu'il occupait, révèle un stock considérable de tout ce qui touche à l'ameublement. L'inventaire interminable est tour à tour celui d'une boutique d'ébéniste, de tapissier, d'antiquaire, de quincaillier, de marchand de tableaux, d'armes, de miroirs et de luminaires. Ajoutons à cela des activités de marchand de bois : l'inventaire se conclut par la liste des stocks de bois que Noël Gérard possédait entreposés sur le quai de la Rapée (près de 7 000 planches). L'ensemble des actifs est évalué à la somme de 565 000 L.

Dans l'atelier, 7 établis garnis de leur outillage sont décrits ainsi que d'importants stocks de bois exotiques, preuve que Noël Gérard maintenait bien son activité première d'ébéniste. La liste de ces bois donne une indication intéressante de leurs prix respectifs à l'époque.
L'ébénisterie représente, outre 80 pendules, plus de 150 pièces à divers stades de finition. Les pendules constituent donc le tiers de la production globale de l’atelier. Parmi les meubles d'ébénisterie, les commodes sont des plus nombreuses : on en compte 38, estimées environ à 100 L chacune, dont 16 commodes en tombeaux et 7 commodes à la Régence. Le palissandre est le bois le plus utilisé sur les commodes (13) suivi par le bois de Cayenne (7) et le bois de violette (6). Dans la chambre de Noël Gérard, la commode est "en bois noirci à filets de cuivre". A par les commodes, l'atelier produisait surtout, des bureaux plats (au nombre de 23, en bois noirci, en bois de violette ou en amarante) ainsi que des encoignures (au nombre de 14 dont 6 en amarante, 2 en palissandre et 2 en bois de Cayenne). Plusieurs de ces encoignures sont hautes, "ouvrant à 2 guichets par le bas et 2 autres petits guichets dans le haut", avec parfois un tiroir au milieu ou un compartiment ouvert à dessus de marbre. Leur prix varie entre 24 L pour une paire d'encoignures basses et 300 L pour une paire de "hauts coins de bois d'amarante". Quelques tables à jeux sont décrites (trictrac en amarante ou table de quadrille), mais visiblement cela ne constituait pas la spécialité de Noël Gérard. Aucun meuble de laque n'est mentionné, mais on trouve une quantité de "cabarets" ou "plateaux de cabarets en bois verni de la Chine ou "bois des Indes". L'inventaire dénombre également 11 secrétaires, meubles alors en vogue, ainsi que 8 serre-papiers et autant d'armoires. Les bibliothèques, tant hautes qu'à hauteur d'appui, sont au nombre de 13, dont 4 en marqueterie à fond d'écaille, 3 en bois noirci et 2 en amarante.

Les meubles estimés les plus chers au cours de l'inventaire sont :
"N° 155 - Deux grandes armoires de marqueterie en écaille à deux grands battants au devant et des petits battants aux deux côtés de chacune, le tout orné de figures de bronze doré d'or moulu, prisées 4 000 L. "
On trouve aussi deux lustres de Boulle :
"N° 250 - Un lustre à 8 branches représentant une renommée de bronze doré d'or moulu, prisé 450 L".
"N° 286 - même description."
En plus de ces lustres, Noël Gérard proposait à sa clientèle de somptueux lustres de bronzes dorés ou de cristal de roche, aux prix très élevés (en tout une dizaine de lustres prisés entre 400 et 6 000 L pièce) ainsi que des porcelaines montées et des bustes de marbre. Noël Gérard possédait également un assortiment très vaste d'ouvrages de bronze : 41 paires de bras de lumière sont dénombrées, la plupart "à 2 branches en cuivre doré d'or moulu", mais aussi "en cuivre noir" pour 17 paires, c'est-à-dire en attente de dorure, et "en cuivre mis en couleur" pour 4 paires seulement. Les chenets, au nombre de 42 paires sont mentionnés et certains sont parfois reconnaissables. Les modèles sont dits représenter : "une salamandre"; "une chèvre"; "des chevaux"; "des enfants et chèvres"; "le loup et le sanglier"; "la fable du renard et la cigogne"; "la chasse"; "un aigle"; "des dragons"; "un trophée"; "des rocailles et tête de lion"; "des dauphins"; "des fermes". Le magasin offrait aussi des flambeaux de cuivre doré d'or moulu ou de cuivre argenté, au nombre d'une vingtaine de paires avec 3 paires de girandoles. Noël Gérard stockait des quantités de "garnitures de commodes" de cuivre noir mais aussi des quantités d'ornement de bronze et de modèles comme on le voit à la fin de l'inventaire : "600 livres pesant de cuivre mitraille dépareillé, prisé 540 L"; "400 livres pesant de plombs et de modèles cassés, 60 L"; "200 livres pesant de fontes, prisées 80 L.

Il est probable toutefois qu'il ne contrevenait pas à la règlementation des corporations en faisant ciseler chez lui les bronzes destinés à ses meubles. On trouve en effet signalé dans l'inventaire, un "état de marchandises établi entre Olivier de Rouvray et Louis Regnard tous deux maîtres ciseleurs à Paris demeurant rue des Arcis, par lequel Rouvray et Regnard auraient reconnu avoir entre leurs mains appartenant au sieur Gérard toutes les fontes des feux, pendules, pieds de girandoles et autres qu'ils se seraient obligés à bien réparer et ciseler au mieux moyennant le prix porté audit état".
L'inventaire décrit enfin un véritable stock de tapissier ; des tentures entières de tapisserie de Bruxelles étaient offertes à la vente de même que des ameublements complets : plus de 100 sièges en bois doré ou en noyer, recouverts de damas ou de tapisserie, et près de 70 tables en console de bois doré à dessus de marbre.

Nous croyons pouvoir attribuer à Noël Gérard plusieurs meubles frappés de l'estampille N.G. et qui datent précisément des années 1720-1730. Ces meubles en ébène, en palissandre ou en amarante sont caractéristiques d'un style très particulier et permettent à leur tour d'attribuer à Noël Gérard tout un groupe de meubles jusqu'à présent anonymes. Ainsi, le bureau plat du musée de Toledo, estampillé N.G. permet d'attribuer plusieurs autres bureaux en ébène ou en amarante qui présentent la même découpe brisée en haut du pied et les mêmes bronzes : un bureau conservé à la bibliothèque de l'Arsenal à Paris, un autre conservé au musée national de Bavière, à Munich, un troisième à la Résidence de Ansbach et deux autres passés en vente récemment (vente Sotheby's Monaco, 22-05-1978, lot 242 et New York, 7-05-1983, lot 210). De la même façon la commode en palissandre vendue à Paris le 2 avril 1987, lot 133, est semblable à une commode du château de Longleat et à deux autres commodes en marqueterie Boulle, vendues dans le passé : l'une, vente Kotschoubey, Paris 1906, l'autre, vente Sotheby's Monaco, 23-06-1983, lot 290. Enfin, le bureau plat (vente Sotheby's Londres, 20-11-1964, lot 121) avec ses pieds exagérément saillants devrait permettre d'attribuer à Noël Gérard plusieurs commodes en marqueterie Boulle qui présentent la même caractéristique (vente Paris, 26-11-1979, lot 64, Maître Oger). Jusqu'à présent, les experts n'ont pas prêté attention à cette marque N.G., la prenant sans doute pour une marque de château. Il est probable que beaucoup d’autres meubles sont estampillés de cette façon et que de nombreuses découvertes restent à faire sur cet ébéniste.

Noël GERARD

Before 1690- 1736



Noël Gérard was the son of Nicolas Gérard and Marguerite Montigny, sister of Claude Montigny and was born before 1690. On Nicolas Gérard's death, his widow married Louis Dubois, by whom in 1694, she had a son, Jacques Dubois, the renowned ébéniste, who was thus Noël Gérard's half-brother. The latter was apprenticed in 1701 to François Clabaux, at the houses 'Au nom de Jésus' and 'A la levrette', rue du Faubourg Saint-Antoine. He married Marie Colin on 14 December 1710, the widow of a 'menuisier en ébène' by the name of Jean Chrétien. Noël Gérard became both an ébéniste and a dealer. H. Vial records him as being established in 1719 in the rue du Faubourg-Saint-Antoine at the sign of the 'Cabinet d'Allemagne'. In the same year he promised the Abbé Le Camus a 'bureau de travail' with cabriole legs. His business prospered and soon he moved into the sumptuous hôtel of the financier Jabach situated at the corner of the rue Saint-Martin in the quarter for finance and luxury goods. Besides his activities as an ébéniste he had become one of the most important marchands-merciers in Paris. His clientèle included not only the ex-King of Poland, Stanislas Leszczynski (who bought tapestries from him), but also a prince of the blood such as the Comte de Clermont (who owed him 139,672 Livres in 1734) or the Président à mortier of the Parlement de Paris, Gabriel Bernard des Rieux (who owed him 4,800 livres in 1735) and Molé (1,110 livres). Other clients of his were the Comte de Watteville, the Chevalier d'Erlac, colonel of the Swiss Guards, the fermier général Le Riche de la Popelinière, the Duc de Bauffremont, the Prince de Carignan, M. Lenormand, advocate to the Parlement, the Comte de Gomecourt, and MM. Gaultier, Lollin, Gabriel, Guiral de Beaulieu and de Blanchefort. Foreign ambassadors also bought furnishings from Gérard, including the ambassador of Spain, the Marquis de Castellas who owed him 108,000 livres as well as his secretary Don Ferdinand de Trevigno who owed him for more than 4,000 livres worth of furniture. The English ambassador Lord Waldegrave bought furniture to the value of 2,200 livres at his shop in 1733. 

It is also recorded that Noël Gérard commissioned other ébénistes to provide him with his carcases. In 1713 he had a dispute with Charles Bernouville over two defective bookcases, and another in 1721 with Jacques Dieufait who provided him with commode carcases for 7 livres 8 sols each. Gérard died in mid-career in the spring of 1736. The inventory taken at the former hôtel of financier Jabach on 17 August 1736 lists a considerable stock of all branches of the furnishing trade. The interminable inventory describes in turn the shop of an ébéniste, tapissier, antique-dealer, ironmonger, picture-dealer, and dealer in arms, mirrors and lighting. Added to this he was a timber merchant: the inventory concludes with a list of stocks of wood which he stored on the quai de la Rapée (nearly 7,000 planks). The total assets were valued at 565,000 livres. 


In the workshop there were seven work-benches fitted out with their tools as well as large stocks of exotic woods, proof that Gérard maintained his original craft of ébéniste. The list of these woods gives an interesting indication of their respective values at the time. 

Of the furniture, apart from 80 clocks, there were more than 150 pieces in various states of completion. Clocks therefore represented a third of the workshop's total production. Among the cabinet pieces, commodes were most numerous: there were 38 examples listed, estimated at around 100 livres each, of which 16 were 'commodes en tombeaux' and seven 'à la Régence'. Of the woods used for commodes, palisander was the most common (13) followed by bois de Cayenne (seven) and kingwood (six). The commode in Gérard's bedchamber was described as 'in ebonized wood with brass stringing'. Apart from the commodes, the workshop mainly produced bureaux plats (23 are listed in ebonized wood, in kingwood and in amaranth) as well as encoignures (14 examples, of which six were in amaranth, two in palisander and two in bois de Cayenne). Several of the encoignures were tall 'with two small doors at the base and two further doors above', sometimes with a central drawer or an open recess with marble top. The prices varied between 24 livres for a pair of low encoignures and 300 livres for a pair of 'tall examples in amaranth'. Various games-tables are listed (trictrac in amaranth or a quadrille-table), but this was obviously not an important part of Gérard's production. No pieces in lacquer are mentioned, but there were a quantity of 'cabarets' or 'cabaret trays in japanned wood' or 'bois des Indes'. The inventory also lists 11 secrétaires, a then fashionable piece of furniture, as well as eight serre-papiers and the same number of armoires. There were 13 bookcases, some tall, others of breast height, of which four were with marquetry on a tortoiseshell ground, three in ebonized wood and two in amaranth.

The pieces of furniture with the highest values in the inventory were: 

N°. 155 - Two large armoires with tortoiseshell marquetry with two large doors at the front and two small doors on either side, all decorated with gilt-bronze figures, priced at 4,000 L
One of these armoires later belonged to the minister Machault d'Arnouville and came to light recently (sale Christies' Monaco, 18 June 1989, lot 212). The longstanding attribution of this piece to Boulle cannot be sustained; it must be the work of one of his followers, perhaps Poitou or Cressent. Other items in Gérard's inventory are more reminiscent of Boulle, such as two chandeliers of a well-known Boulle type: 
N° 250 - An 8-branch chandelier representing Fame in gilt-bronze, priced at 450 L
N° 286 - As above
Besides these chandeliers, Gérard offered sumptuous gilt-bronze or rock-crystal chandeliers to his clientèle at very high prices (altogether a dozen chandeliers priced between 400 and 6,000 livres) as well as mounted porcelain and busts in marble. He also had a huge assortment of artefacts in bronze: 41 pairs of wall lights are listed, mostly 'with two branches in gilt-bronze'. Forty-two pairs of chenets are mentioned, some of which can be recognized. These models are described as being in the form of 'a salamander', a 'goat', 'horses'; 'children and goats'; 'the wolf and the boar', 'the fable of the fox and the stork'; 'the hunt', 'an eagle', 'dragons', 'a trophy', 'rocailles with a lion's head'; 'dolphins' and 'farmyard'. The shop also stocked candelabra in gilt-or silvered-bronze of which there were twenty pairs and three pairs of girandoles.

Gérard stocked not only a number of 'mounts for commodes' in 'black (i.e. ungilded) bronze', but also quantities of bronze decorations and models, which are listed at the end of the inventory: '600 livres weight of bronze off-cuts, priced at 540 L'; '400 livres weight of lead and broken models, 60 L'; '200 livres weight of cast bronze, priced at 80L'. It is probable that he was not infringing the guild rules in having bronzes chased in his own workshop for his own furniture. The inventory actually mentions 'a list of goods drawn up by Olivier de Rouvray and Louis Regnard, both master ciseleurs in Paris, rue des Arcis, whereby they would have admitted having in their possession all the rough casts of chenets, clocks, bases for girandoles and others, all belonging to sieur Gérard, which they had contracted to finish and chase as well as possible, for the price mentioned in the above documents'.

The inventory describes a real upholsterer's stock. Entire sets of Brussels tapestries were offered for sale as well as suites of furniture: more than 100 chairs in gilt wood or walnut covered in damask or needlework and nearly 40 console tables in gilt wood with marble tops.

We believe it is possible to attribute to Noël Gérard a number of pieces stamped 'N.G.' and which date to the period 1720 to 1730. These pieces in ebony, palisander ou amaranth are in a very particular style, thus facilitating the further attribution of a whole group of furniture to Noël Gérard which until now has remained anonymous. Thus the bureau plat in the Toledo Museum (stamped 'N.G.') enables the attribution to Gérard to be made with regard to several other bureaux in ebony or amaranth with the same broken line above the legs and the same mounts: a bureau in the library at the Arsenal in Paris, another in the Bayerisches Nationalmuseum in Munich, another in the Residenz at Ansbach, and two further examples which have appeared recently at auction (sale, Sotheby's Monaco, 22 May 1978, lot 242 and New York, 7 May 1983, lot 210). Similarly, a commode in palisander was sold in Paris on 2 April 1987, lot 133 and is comparable with three other Boulle marquetry commodes: one in the Kotschoubey sale, Paris, 1906, the second in a Sotheby's Monaco sale, 23 June 1983, lot 290, and the third at Longleat. Finally, the bureau plat sold at Sotheby's London on 20 November 1964, lot 121 with exaggeratedly projecting legs opens up the attribution to Gérard of several commodes with Boulle marquetry which have the same characteristics (sale, Paris, 26 November 1979, lot 64, Maître Oger). Until now experts have not paid attention to the stamp 'N.G.', no doubt taking it for a château mark. It is likely that many other pieces are stamped in this fashion ant that much is still to be learnt about this ébéniste.




Bibliographie

"Les Ébénistes français de Louis XIV à la Révolution"
  Alexandre Pradère
  Paris - 1989

"French Furniture Makers
  Alexandre Pradère
  Sté Nlle des Éditions du Chêne - 1989
Jacques Laurent COSSON
1737 - 4 avril 1812

Maître le 4 septembre 1765


Cet ébéniste réputé est établi rue de Charonne dans un immeuble à l'enseigne du "Grand Monarque".
Il fournit certains de ses confrères, Migeon et Moreau en particulier, ainsi que des tapissiers. Quelques rares meubles ornés de porcelaine de Sèvres (petit secrétaire de dame vendu à Paris en 1987), une commode en vernis imitant la laque de Coromandel ont peut-être été commandés spécialement par ces derniers. En effet, la production de Cosson comporte, dans l'ensemble, des meubles de conception plus sobre, Louis XVI pour la plupart. Les plus typiques (commodes, bureaux plats, bureaux à cylindre, secrétaires) sont plaqués d'acajou avec de strictes baguettes d'encadrement en bronze doré. Une commode et deux encoignures de ce type, autrefois dans la collection Espirito Santo (vente à Paris, 14 juin 1955, n° 32), sont passées dans la collection Niarchos.

Cosson a également utilisé avec habileté des placages d'autres bois, notamment du bois de rose, ainsi que des marqueteries de motifs géométriques, pour habiller des meubles de différents types: bureaux plats Louis XV ou Louis XVI, petites tables de salon, bureaux à cylindre, commodes dessertes, pour la plupart Louis XVI, enfin des commodes Louis XV et Transition. A propos des dernières nommées, il faut noter un modèle à léger ressaut marqueté de carrés à quatre-feuilles sur fond de cubes dans un large encadrement treillagé également à quatre-feuilles. Une de ces commodes, estampillée de Cosson, est passée en vente à la galerie Charpentier le 8 décembre 1954, mais on connaît d'autres exemplaires estampillés par différents ébénistes dont Léonard Boudin. Il est intéressant de constater que cette même marqueterie figure sur d'autres œuvres de Cosson: une petite commode Louis XV (collection Cahen d'Anvers, galerie Charpentier, juin 1934, n° 139, puis vente à Londres, chez Sotheby's, en 1988) et un petit meuble Transition à transformation vendu à Paris le 21 juin 1935, n° 68.

Bibliographie

"Le Mobilier Français du XVIIIe siècle"
  Pierre Kjellberg
  Les Éditions de l'Amateur - 2002

 
Charles KRIER
Né en 1742

Maître le 12 janvier 1774


Après son apprentissage effectué dans le faubourg Saint Antoine, il s'établit rue du Bac comme ébéniste et marchand. Il y restera jusqu'à l'Empire. Son estampille figure sur des meubles Transition ou Louis XVI revêtus de marqueteries ou de placages unis, principalement d'acajou: commodes demi-lune ou rectangulaires, consoles dessertes, etc. le décor se réduit à des moulures ou à quelques éléments de bronze. Theunissen mentionne aussi quatre chaises en acajou dans le goût anglais portant les estampilles de Krier et de R. Lacroix et datant de la fin du XVIIIe siècle.

Bibliographie

"Le Mobilier Français du XVIIIe siècle"
  Pierre Kjellberg
  Les Éditions de l'Amateur - 2002