Les MONDON
  
Les Mondon de Paris
Les Mondon de Grenoble
Des liens de parenté entre les Mondon


Les Mondon de Paris

François MONDON
(1694-1770)
 


François Mondon exerce son métier d'ébéniste dans son atelier de la rue du Faubourg Saint-Antoine, sous l'enseigne de "La Pie", vis-à-vis la rue Saint-Nicolas. On ignore la date précise de son accession à la maîtrise, mais cette dernière se situe sans doute dans les années 1730. Élu juré de sa communauté de 1736 à 1738, il reçoit le principalat, le 1er août 1764, devenant l'un des notables de sa profession.

En relations commerciales avec le tapissier-décorateur Lelorin, il fournit également bon nombre de ses ouvrages à son confrère ébéniste et marchand Pierre Migeon (1696-1758).
Il est probable qu'il utilise la marque F.M.D. au début de sa carrière et, par la suite, utilise une estampille sans initiale de prénom.

Mondon fabrique avec succès des meubles de luxe, la quasi totalité de ses productions étant constituée de commodes d'époque Régence dites "en tombeau", meuble essentiel de la première moitié du 18ème siècle, dont il se fait le grand spécialiste. Une pièce de ce genre figure dans le mobilier du Comte Gérard de Brye au château de Louvigny (Calvados) et une autre au château de Louisbourg, ancienne résidence d'été des ducs et rois de Wurtemberg.
Mondon fabrique aussi des commodes à montants droits d'esprit Louis XIV, des commodes Louis XV aux formes un peu plus souples et les registres font également état de secrétaires, de chiffonniers, de bureaux plats et de bureaux en pente.
La plupart des meubles fabriqués par Mondon sont en bois de placage foncé, de palissandre ou de bois de violette. Il sait utiliser, avec adresse et goût, la décoration de bronzes ciselés: tantôt discrets, tantôt riches et abondants, ses bronzes s'inspirent volontiers des modèles Louis XIV ou Régence.

De manière plus exceptionnelle, son œuvre comprend quelques commodes à deux tiroirs sans traverse, dont une, vendue à Versailles en juin 1975, plaquée de bois de violette et ornée d'un riche décor de bronzes rocailles, ou une autre, marquetée de quadrillages et d'une réserve de fleurs (Drouot, 15 mars 1983). Il en est de même d'un petit secrétaire qui se singularise par une marqueterie de fleurs en bois teinté sur fond de bois de rose dans des encadrements d'amarante (New York, 5 novembre 1986), ou encore de ce bureau plat orné de bronzes rocailles et plaqué de bois de violette (Versailles, 12 juin 1988).






François-Antoine MONDON
1732 - 23 février 1809

Reçu Maître le 31 décembre 1757



Fils de François, il commence à travailler dans l'atelier familial, rue du Faubourg Saint-Antoine. Il obtient ses lettres de maîtrise le 31 décembre 1757, mais ne les fait enregistrer que treize ans plus tard, en 1770, après la mort de son père, dont il a été le collaborateur. Il transfère ensuite l'atelier rue de Charenton, où il est cité jusqu'en 1785.
Il continue de produire de belles commodes et d'autres meubles, notamment de style Transition, en bois de placage, ornés parfois de bronzes remarquables, tels que des mascarons à tête de singe.
S'il n'a peut-être pas poursuivi la fabrication de commodes d'esprit Régence, tout au moins a-t-il achevé les exemplaires commandés à son père, comme en témoigne la présence de son estampille "F.A. Mondon", sur plusieurs d'entre elles.




Les Mondon de Grenoble





La plus ancienne mention du nom de Mondon, pour cette famille, remonte à 1692.

Une notice des Archives Communales de Grenoble laisse apparaître que Joseph Mondon, "menuisier pauvre", et Hugues Mondon, "tourneur", habitent tous les deux dans la même maison, sise rue Neuve à Grenoble.

Dans le "rôle de la taille royale" de 1700, Hugues Mondon est qualifié d' "ébéniste", tandis que Joseph est qualifié de "menuisier". Hugues Mondon est certainement décédé en 1699, car il est encore mentionné comme ébéniste dans les registres de 1700, alors que les registres de 1701 et 1702 ne font plus apparaître que "la veuve d'Hugues Mondon, ébéniste".

En 1717, c'est François Mondon ( vers 1687 - ? ), menuisier de son état, qui habite non loin de Thomas Hache, dans la rue Neuve, comme l'atteste le registre du rôle de la capitation (l'étude de cet impôt, créé en 1695, permet de connaître la fortune d'un atelier, puisqu'il est redevable pour chaque maître en fonction du nombre de compagnons employés dans son atelier ou dans sa boutique).
C'est ce dernier qui sera le plus réputé au sein de cette nombreuse famille, et qui, sans être un concurrent pour Thomas Hache, produira néanmoins des meubles et des coffrets de très belle qualité.


François Mondon se marie, le 9 février 1712, avec Louise Diat. 
Il reçoit, le 15 avril 1722, le titre de garde puis, quelques mois plus tard, le brevet de garde et d'ébéniste de Monseigneur le duc d'Orléans.
En 1735 et 1739, il est toujours rue Neuve,où il est mentionné comme menuisier, "occupant la boutique et ayant sept enfants".
En août 1739, il fait partie des vingt-trois signataires des Règlements et Statuts des Maîtres Menuisiers de Grenoble.



Des liens de parenté entre les Mondon


Des origines et des liens de parenté entre ces deux familles ont été avancés par différents auteurs et historiens de l'art.

Pierre Kjellberg pense que François Mondon, ébéniste à Paris, appartiendrait à une famille d'artisans dauphinois, qui se serait dispersée en différentes régions de France et même à l'étranger.

Le Comte de Salverte écrit, à propos de ce dernier, que l'on a des raisons de croire qu'il se rattachait à une famille du Dauphiné, d'où sortirent aux XVIIe et XVIIIe siècles, de nombreux menuisiers et tourneurs. La plupart de ces artisans vécurent à Grenoble, mais tous ne restèrent pas dans cette ville. L'un d'eux s'établit à Dijon; un autre "ayant poussé jusqu'à Copenhague, s'intitulait en 1711 maistre-menuisier chez le roy de Danemarc".

Pierre et Françoise Rouge, dans l'ouvrage qu'ils consacrent aux Hache et aux ébénistes grenoblois, dont François Mondon, supposent qu'à la date du mariage de ce dernier, le 9 février 1712, il pouvait être âgé de vingt-cinq ans, qu'il devait donc être né en 1687 et en déduisent, par conséquent, qu'il ne pouvait en aucun cas être le père de François Mondon, né à Paris en 1694. Ils pensent, en revanche, qu'il est tout à fait possible qu'ils soient cousins et que ce dernier soit le fils d'un de ses oncles, Pierre ( 1673 - ? ) ou Jacques, qui fut nommé Menuisier du Roi du Danemark en 1711.

Des liens de parenté différents sont suggérés par Alexandre Pradère, qui pense qu'il existait certainement des liens familiaux entre les Mondon, ébénistes à Paris, et François-Thomas Mondon, ornemaniste de style rocaille (1709-1755), à la fois dessinateur des Menus Plaisirs du Roy vers 1740, et sculpteur-ciseleur de tabatières et montres chez l'orfèvre Ducrollay. Ce dernier Mondon était d'une famille qui travaillait le métal: son père Pasquier Mondon était orfèvre-ciseleur et son frère Pasquier-Rémi, marchand-orfèvre vers 1755, tandis qu'un cousin, Edmé-Augustin Mondon était maître fondeur, et qu'un autre Mondon, dit "Le Jeune", est mentionné en 1778 comme "maître fondeur".




  Bibliographie


"Le Mobilier Français du XVIIIème Siècle"
  Pierre Kjellberg
  Les Editions de l'Amateur - 2002


"L’Art et la Manière des Maîtres Ébénistes Français au XVIIIe siècle"
  Jean Nicolay
  Éditions Pygmalion - 1976

 
"Les ébénistes du XVIIIème siècle"
  Comte François de Salverte
  F. De Nobele, Paris - 1962

 
"Les Ébénistes français de Louis XIV à la Révolution"
  Alexandre Pradère
  Paris - 1989 

"Les Ateliers Parisiens d'Ebénistes et de Menuisiers au XVIIème et XVIIIème siècle"
  Guillaume Janneau
  Editions SERG - 1975

 
"Le génie des Hache"
  Pierre Rouge et Françoise Rouge
  Editions Faton - 2005
"L'Estampille - l'Objet d'Art" n° 355
  Février 2001