Jacques VAN OOSTENRIJK
dit DAUTRICHE

Mort en 1778

Reçu Maître le 24 mai 1765



Natif des Pays-Bas, il vient à Paris au début des années1740 pour travailler d'abord comme ouvrier libre. Établi rue Traversière puis rue du Faubourg-Saint-Antoine, il acquiert bientôt une grande réputation de marqueteur et obtient des commandes pour diverses demeures royales ainsi que pour le comte d'Artois. Il estampille ses œuvres de son nom francisé. Après sa mort, sa veuve et son fils, Thomas-Jacques, continueront de diriger quelque temps son atelier. 

Dautriche a réalisé quelques meubles Louis XV : des commodes, des petits bureaux, dont un bureau à cylindre au placage compartimenté de filets entrelacés, tablette d'entrejambe avec grillage (L. 99.5 cm), présenté à l'exposition des Grands Ébénistes, en  1955-1956 au musée des Arts décoratifs (anc. coll. Cassel van Doorn et Espirito Santo), ainsi qu'une belle table mécanique à plateau coulissant dégageant un tiroir écritoire, marquetée de paysage, chutes d'angle à tête de vieillard, L 82 cm (vente à Monaco, 25 novembre 1979 ; coll. Claude Cartier).

Mais l'essentiel de la production de Dautriche appartient au style Transition et au style Louis XVI, en particulier des commodes à ressaut, des secrétaires, ainsi que des meubles à hauteur d'appui et des encoignures, assez typiques par leur puissante architecture à pilastres cannelés. Ce sont surtout ses marqueteries à motifs géométriques qui, sans lui être exclusives, caractérisent sa manière. Il marque en effet une nette prédilection pour les cubes, les cercles imbriqués, les treillages, les octogones, les losanges contenant des quatre-feuilles. Ces divers motifs sont disposés habituellement en panneaux que limitent des filets de marqueterie ou de rigoureuses baguettes de bronze. Plusieurs d'entre eux se côtoient parfois sur un même meuble, notamment sur des commodes Transition (vente Ashburnham, Londres, 26 juin 1953 ; palais Galliera, 5 décembre 1974; Sotheby's, Monaco, 15 juin 1981, etc.).

Dautriche a aussi utilisé, mais moins fréquemment, des marqueteries de fleurs, voire des décors de laque ou de vernis dans le goût chinois (pour ses commodes Louis XV en particulier), ainsi que des placages de bois de rose et surtout d'acajou, principalement sur des meubles Louis XVI. On connaît un certain nombre de meubles de ce style (commodes, secrétaires en acajou à baguettes de bronze) qui reposent sur des pieds fuselés à cannelures torses. Les bronzes sont généralement assez discrets. En dehors des encadrements et des chutes, culs-de-lampe et rosaces classiques, Dautriche affectionne les frises de postes et les frises d'entrelacs, dont il orne la ceinture de ses meubles.

 Bibliographie

"Le Mobilier Français du XVIIIè siècle"
 Pierre Kjellberg
 Les Éditions de l'Amateur - 2002