Jean-Joseph de Saint-Germain
(1719 - 1791)

Reçu Maître le 15 juillet 1748




La corporation des bronziers regroupait, à l'origine, plusieurs spécialités : fondeur, doreur, ciseleur. Elles sont souvent confondues, voire ignorées des collectionneurs pour qui seules comptent la renommée de l'exécutant et la qualité de l'exécution. C'est précisément cette qualité et le style qui permettent d'attribuer à un bronzier la paternité de certains ouvrages. Rares, en effet, sont les signatures gravées dans le bronze. Seuls quelques artisans ont laissé leur nom, souvent sur les pièces les plus riches, et sur des commandes royales ou princières.
C'est le cas de Jean-Joseph de Saint-Germain. Le prénom est fréquemment omis. Quelquefois, mais plus rarement encore, figure, à côté du nom, un titre (par exemple : "fondeur ciseleur du Roi") voire une adresse. Comme les autres corporations, celle des bronziers sera supprimée lors de la Révolution.


Dans les papiers Champeaux, qui rassemblent une quantité de notes manuscrites sur les bronziers conservées à la Bibliothèque du Musée des Arts Décoratifs, on peut lire :

"Saint-Germain, fondeur ciseleur et doreur, fait et vend toutes sortes de boetes pour dorer en or moulu ou en couleur d'or comme bronze, garnitures de commodes, bras de cheminées à plusieurs branches, grilles, flambeaux, lustres, girandolles, boetes de pendules, cartels de toutes espèces, boetes à carillons et à secondes, boetes éléphantes, à lion, à taureaux et autres, fait les desseins et modelles en cire, le tout à juste prix, demeure rue St-Nicolas, Faubourg St-Antoine à Paris".


Saint-Germain a donc imaginé puis réalisé de nombreux modèles, tant dans le domaine des bronzes d'ameublement proprement dit, que dans le domaine de l'horlogerie.
Il a exécuté des montures de vases ou d'objets, des bras de lumière, des feux, des cartels ainsi que de nombreuses pendules (voir les passages qui lui sont consacrés dans l'ouvrage de Hans-Ottomeyer et Peter Pröschel pages 122 à 131 et 521 à 538).
Il s'est néanmoins spécialisé dans les pendules qu'il ne signait que très rarement et sa notoriété lui permit de contribuer à l'élaboration du règlement de 1766 protégeant les modèles de fondeurs.


Le Musée du Louvre a la chance de posséder une belle collection très représentative de ses pendules :
On peut ainsi y admirer quelques modèles célèbres, tels ce cartel dédié à Diane, déesse de la Chasse et de la Nuit (Legs de Madame Georges Lebey en 1945, Inv. OA 9398) ou encore cette très spectaculaire pendule à carillon arborant un jeune indien juché sur un rhinocéros (Don de Monsieur et Madame René Grog-Carven en 1973, Inv. OA 10540).
Outre ces deux pièces exceptionnelles, le Louvre possède d'autres pendules également signées par Saint-Germain :
On citera notamment une très belle pendule de type rocaille (Legs du Baron Basile de Schlichting en 1914, Inv. OA 6884) ou encore, dans un registre néoclassique cette pendule à mécanisme musical (Don de Monsieur Philippe Kraemer en 1985, Inv. OA 11023) et cette pendule à l'Etude (Legs du Baron Basile de Schlichting en 1914, Inv. OA 6883) qui démontrent avec quelle rapidité et quelle facilité Saint-Germain s'est adapté au goût "grec" des années 1760.

Trois autres modèles complètent cette collection (voir l'ouvrage collectif consacré aux bronzes d'ameublement du Louvre page 76). Mais on ne saurait clore cette notice sans mentionner la pendule "aux deux Chinois", autre modèle célèbre et très recherché par les collectionneurs. (Encyclopédie de la pendule française page 123).




Sources bibliographiques


Les Bronzes Dorés Français

Pierre Verlet
Picard Editeur - 1987



Vergoldete Bronzen

Hans Ottomeyer / Peter Pröschel
Klinkhard & Biermann - 1986



Les Bronzes d'Ameublement du Louvre

Daniel Alcouffe
Anne Dion-Tenenbaum
Gérard Mabille
Editions Faton - 2004



Encyclopédie de la Pendule Française

Pierre Kjellberg
Les Editions de l'Amateur - 1997